Département de la Haute-Corse

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Laurent
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Département de la Haute-Corse

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La Haute-Corse est un département français formé de la partie cismontaine de l'île de Corse. Il faisait partie de la collectivité territoriale de Corse. Son code officiel est le 2B, même si La Poste utilise toujours pour l'ensemble de la Corse le numéro 20 historique. Sa préfecture est Bastia.


Informations
  • Région : Corse
  • Création du département : 1er janvier 1976
  • Chef-lieu : Bastia
  • Sous-préfectures : Calvi, Corte
  • Code Insee : 2B
  • Gentilé : Corses
  • Densité : 38 hab./km²
  • Superficie : 4 666 km²

Histoire

Considérées un temps comme les premiers indices de présence humaine en Corse, les accumulations de bois de cervidés datées du Pléistocène supérieur (environ 60 000 ans) sur le site de Macinaggio à l’est du Cap Corse sont désormais interprétées comme d'origine probablement naturelle. Une occupation paléolithique de la Corse n'est donc pas attestée bien qu'elle soit possible, compte-tenu de l'existence de restes humains vieux d'environ 20 000 ans sur l'île voisine de Sardaigne qui lui était alors reliée.
Si l'on admet à la suite de certains préhistoriens que les populations paléolithiques s'implantaient de préférence dans les régions côtières, plus accessibles et exploitables, il est possible que des vestiges archéologiques de cette époque en Corse aient été submergés durant la transgression marine à la fin de la dernière glaciation : ces restes reposeraient désormais à faible profondeur, par exemple au large de la Plaine orientale ou dans les Bouches de Bonifacio.

Lors de la Première guerre punique, par l'intermédiaire de Lucius Cornelius Scipio, la puissance émergente de Rome conquiert Alalia rebaptisée Aleria et chasse les Carthaginois. Les affrontements débutent en -259 avec le débarquement des troupes romaines du consul Lucius Cornelius Scipion. C'est à partir de 238 av. J.-C. que se développe un premier projet colonial. Mais il ne prendra forme que sur le littoral oriental et dans les piémonts qui entourent Aleria, centre militaire fondateur de la politique de Rome. En -227, la Corse est réunie à la Sardaigne dans la province romaine de la Corse-Sardaigne, et la capitale du nouveau territoire administratif devient Cagliari. Plus tard, Auguste l'érige en province impériale, son procurateur vivant à Alalia, devenue Aleria. En tant que colonie de peuplement, des terres corses sont données aux vétérans de l’armée (notamment à Mariana, près de Bastia). De la conquête romaine, la Corse garde sa langue romane dérivée du latin, quelques routes et ponts (encore que les tracés demeurent pour l'essentiel supposés et qu'aucun ouvrage d'art n'a été archéologiquement reconnu), des stations thermales (comme on le suppose par exemple pour Orezza et Speloncato) et deux villes. On suppose, bien que les données manquent ici encore, que la Corse a pu exporter granite, minerais, huile d'olive, miel, vin, liège... Certains Corses, à même d’acquérir la citoyenneté, ont émigré par nécessité parfois pour servir dans les administrations ou l’armée. C’est une province calme qui se christianise à partir du IIIe siècle de notre ère, non sans martyres (sainte Dévote à la fin du IIIe siècle, sainte Julie vers 450, sainte Restitude, encore qu'il ne faille pas prendre au pied de la lettre chaque récit et qu'un personnage peut être désigné sous plusieurs noms proches et des versions qui divisent les hagiographes, à l'exemple de Laurina et Julie). La première phase de la christianisation apparaît clairement lié à des prosélytes venus d'Afrique du Nord, déportés en Corse par les Ariens.

En 1796, l'organisation des départements du Golo et du Liamone créés trois ans auparavant est confiée à Christophe Saliceti.

En 1798 les maladresses du Directoire et de ses envoyés, l'attitude des républicains locaux mais aussi l'influence contre-révolutionnaire du clergé déclenchent la Révolte de la Crocetta, soulèvement quasi général qui entraîne deux batailles rangées dans le nord de l'île. Les Corses sont défaits. Dans le sud en décembre, une coalition de Corses exilés, royalistes, paolistes et pro-britanniques, suscite un soulèvement analogue dans le Fiumorbu avec l'appui de la Sardaigne et de la Russie. Les répressions sont sévères. La crocetta est une petite croix en palme fixée sur la vêtement, notamment à Pâques.

En 1801, Napoléon suspend la Constitution en Corse. Il y envoie Miot de Melito comme administrateur général. Celui-ci mettra en place des concessions fiscales, les Arrêtés Miot. Ensuite, le général Morand gouverne l'île avec une dureté extrême. Le Décret impérial mis en place en 1810 permet de nouveaux dégrèvements fiscaux. Puis l'île est réunie en un seul département, avec Ajaccio pour le chef-lieu. Le général Morand est alors remplacé par le général César Berthier, frère du futur maréchal Louis-Alexandre Berthier.

L'exil de Napoléon à l'île d'Elbe provoquera des réjouissances à Ajaccio. Bastia accueillera alors des troupes britanniques commandées par le général Montrésor. En mars et avril 1815, des agents de Napoléon envoyés de l'île d'Elbe réussissent à s'imposer en Corse. Durant les Cent-Jours, l'île est administrée par le Duc de Padoue. En février 1816 a lieu un dernier soulèvement bonapartiste, la guerre du Fiumorbo, menée par le Commandant Poli. Malgré leur importance et leur résolution, et après une farouche résistance, les partisans de Napoléon, pourtant invaincus, mais assurés de l'amnistie générale, quittent la Corse.

Sous le Second Empire, la famille Abbatucci originaire de village de Zicavo obtient tous les pouvoirs de Napoléon III pour ce qui concerne le développement économique de la Corse.

Jacques Pierre Abbatucci, ancien député de la Corse puis du Loiret sous la Monarchie de Juillet et ancien magistrat à la cour de cassation, est un proche de l’Empereur. Le dix août 1849, il est chargé officiellement par Louis Napoléon Bonaparte, alors Président de la République, d’un rapport sur les besoins de la Corse, et du suivi des dossiers relatifs à l’île auprès des différents ministères concernés, ce qui en fait le premier « Monsieur Corse » de l’histoire. Après le coup d'État du 2 décembre 1851, il est nommé garde des sceaux puis élevé à la dignité de Sénateur lors du retour de l'Empire. Il gardera ces titres jusqu'à sa mort en 1857. Conseiller officiel de l’Empereur, il préside le Conseil des ministres lors de ses absences, la fonction de premier ministre n'existant pas sous le second Empire. Ses fils Charles et Séverin seront députés de la Corse de 1849 à 1881 (de 1849 à 1851, et de 1872 à 1881 pour Charles, de 1852 à 1871 pour Séverin).

On peut donc associer le nom des Abbatucci à une grande partie des immenses progrès réalisés en Corse sous le second Empire : la création de plus de 2 000 km de routes et l'exploitation des forêts, l’interdiction du port d’armes, l’interdiction du libre parcours du bétail, l’installation du télégraphe et du premier courrier maritime postal, l’assèchement de marais, la délimitation des forets domainiales et communales, la construction des palais de justice de Bastia et d'Ajaccio, la création du canal de la Gravona, le développement de l'industrie minière et du thermalisme, la création des comices agricoles et des pénitenciers agricoles de Casabianda, Casteluccio et Coti-Chiavari, l'aménagement des ports de Bastia et d'Ajaccio, l’institution d’un vice-rectorat, la création de l’école normale d’institutrices, l’ouverture d’une Caisse d’Epargne à Ajaccio, etc.

Pendant la première guerre mondiale 48 000 hommes sont mobilisés en Corse, outre les 9 000 hommes déjà sous les drapeaux au moment où le conflit éclate. Ce chiffre relativement élevé s'explique par un décret spécial à la Corse qui mobilise les pères de familles de plus de 3 enfants, affectés à la défense passive de l'île.

C'est ainsi que, dans le Monde du 31 août 2000, Michel Rocard écrivit "Il faudrait tout de même se rappeler que, pendant la guerre de 1914-1918, on a mobilisé en Corse, ce qu'on n'a jamais osé faire sur le continent, jusqu'aux pères de six enfants".

Dans les faits, l'île a le statut de « place forte », qui prévoit la mise sur le pied de guerre de l'armée territoriale et de sa réserve, qui comprennent des soldats plus âgés (37 ans au minimum et 48 ans au maximum) et les pères de familles nombreuses. La mission de l'infanterie territoriale comprend en effet notamment la protection des côtes et places fortes, ainsi que le soutien aux autres troupes, mais non l'engagement en première ligne. Toutefois, dans la confusion des premiers mois de guerre, plusieurs dizaines de soldats plus âgés sont engagés sur le front continental, ce qui engendre très tôt des protestations de la population et des élus insulaires. En tout, il semblerait d'après des recherches récentes, qu'une vingtaine de ces réservistes aient été affectés au front et que deux d'entre eux y ont été tués avant d'avoir été rappelés à leur rôle initial.

Après la guerre, il sera longtemps affirmé que le nombre de tués aurait été de 30 000, voire 40 000. Ce chiffre élevé est tout à la fois dans l'intérêt des courants « jacobins », qui pensent ainsi démontrer l'engagement des Corses pour le drapeau français, et des courants « séparatistes », qui affirment quant à eux que la France aurait réservé un sort défavorable aux soldats corses, en les exposant en première ligne.

Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani estiment que le nombre de corses morts au cours de cette guerre est compris entre 10 000 et 12 000 soldats insulaires. Le nombre officiel de Corses nés dans l'île morts pour la France est de 9 751, d'après le site SGA-Mémoire des hommes qui recense les "morts pour la France". La proportion du nombre de morts par rapport à la population totale est de 3,4%, chiffre qui place la Corse au 7e rang sur les 22 régions métropolitaines (Géographie économique des morts de 14-18 en France de H.Gilles, J-P Guironnet et A.Parent.)

Quoi qu'il en soit, en 1919, il n'y avait plus assez d'hommes valides pour faire tourner bon nombre d'exploitations agricoles.

Parmi les combattants corses de la Marne, de Verdun et des autres batailles meurtrières, se sont illustrés : le 173e régiment de ligne "Aio Zitelli", le général Grossetti et les aviateurs Jean Casale et Jean-Paul Ambrogi.

L'arrivée irrégulière des bateaux entraîne de graves problèmes de ravitaillement : le pain, le sucre, le pétrole sont rationnés. La pénurie est aggravée par l'hébergement de 2 000 prisonniers de guerre allemands, cantonnés dans les couvents et pénitenciers, puis utilisés comme main-d'œuvre dans les campagnes. De plus, la Corse devient une terre d'asile pour les réfugiés (4 000 Serbes et Syriens). Les corses ont parfois le sentiment que les ravitaillements sont prioritairement accordées au réfugiés, au détriment des populations locales. Pour subvenir aux besoins de la population, les terres abandonnées à la friche sont remises en culture suivant les pratiques traditionnelles. En septembre 1918, la grippe espagnole ravage certains villages et oblige le préfet à prendre des mesures pour limiter l'épidémie (cercueil plombé, ensevelissement profond).

Le torpillage du navire le Balkan, fit 417 victimes, dont un certain nombre de permissionnaires corses.

L'armistice de 1918 est accueilli dans l'allégresse et l'anxiété du retour des blessés. Des souscriptions locales permettront d'élever dans chaque village des monuments en l'honneur des morts. En 1933, la Borne de la Terre sacrée est inaugurée à Ajaccio. Ces pertes humaines affecteront durablement la vitalité de l'île, ce qui accentuera le déclin économique.

Le 30 novembre 1938, l'Italie fasciste prétend annexer Nice, la Savoie et la Corse. Le serment de Bastia du 4 décembre 1938, prononcé par Jean Baptiste Ferracci devant 20 000 personnes lui répond en réaffirmant l’attachement de la Corse à la France et le rejet de l’irrédentisme mussolinien : « Face au monde, de toute notre âme, sur nos gloires, sur nos tombes, sur nos berceaux, nous jurons de vivre et de mourir Français ». Dès le lendemain des comités antifascistes sont créés à Ajaccio et Bastia. À Paris les étudiants corses défilent aux cris de « La Corse contre le fascisme ! », « À mort Mussolini ! ». Après la défaite et l'armistice du 22 juin 1940, la Corse est rattachée à la zone libre jusqu’en 1942. L'autorité du Régime de Vichy se met en place et la propagande irrédentiste s'amplifie.

En Allemagne, les prisonniers de guerre corses sont réunis au Stalag V-B, confiés aux Italiens.

Deux réseaux de résistance s'organisent :
  • le réseau représenté par la mission secrète Pearl Harbour arrivé d'Alger le 14 décembre 1942 par le sous-marin Casabianca avec ses premiers agents, Toussaint et Pierre Griffi, Laurent Preziosi, et leur chef de mission Roger de Saule. Ils assureront la coordination politique des différents groupes de résistance qui se fonderont dans le Front national (avec notamment ses premiers responsables, Arthur Giovoni, Jean Nicoli, Jules Mandoloni, André Giusti, Dominique Luchini dit Ribellu).
  • le réseau R2 Corse, en liaison avec les Français libres du général de Gaulle et dirigé par Fred Scamaroni. Dans sa tentative vaine d'unification des mouvements à son arrivée en janvier 1943, il sera ensuite capturé, torturé et se suicidera le 19 mars 1943.
L'unification militaire sera menée à bien par le second chef de la mission Pearl Harbour, Paulin Colonna d'Istria.

À la suite du débarquement américain en Afrique du Nord, l'Allemagne occupe le 11 novembre 1942 la zone libre, rompant l'armistice de 1940. Le même jour, les troupes italiennes occupent la Corse, à raison de 85 000 soldats pour 220 000 habitants. En juin 1943, s'y joindront 12 000 Allemands. Avec un occupant pour deux habitants, on réquisitionne, jusque dans le moindre village, des maisons et une partie du ravitaillement. Le 14 novembre, le préfet rappelle la souveraineté française et qualifie les troupes d'opération de troupes d'occupation.
La contre-propagande active (tracts sur ronéo, journaux clandestins) apporte le soutien de la population, ce qui permet à certains patriotes de se cacher dans le maquis. À partir de décembre 1942, la résistance est aidée depuis Alger : de l'armement est acheminé par parachutage et par les missions du sous-marin Casabianca dirigé par le Commandant Jean l'Herminier. Attentats et coups de main contre les Italiens engendrent arrestations et exécutions (notamment Jules Mondoloni, Jean Nicoli, Pierre Griffi, etc.).

Le 3 septembre 1943, l' Armistice de Cassibile, rendu public le 8, est signé entre l'Italie et les Anglo-Américains. Les Allemands se renforcent à Bastia pour assurer l'évacuation vers l'Italie de leurs troupes de Sardaigne, en remontant la Corse de Bonifacio à Bastia. Le 8 septembre 1943, les Corses se soulèvent. Le commandant Colonna d'Istria envoie un ultimatum au général Magli commandant les troupes d'occupation italiennes en Corse, le sommant de choisir son camp. Ce dernier, après quelques hésitations, choisira définitivement le camp des Alliés à partir du 11. Le Comité de libération occupe la préfecture d'Ajaccio et contraint le préfet de Vichy à signer le ralliement de la Corse au Comité français de la Libération nationale (CFLN) sous la menace, un résistant lui ayant préalablement mis le canon de son arme dans la bouche. À Bastia, les Italiens ouvrent le feu contre des avions et des navires allemands. Le 9, les résistants corses, appuyés par les divisions italiennes Cremona et Friuli, neutralisent les éléments fascistes. À partir du 11, le général Giraud envoie de son propre chef des bataillons de choc commandés par Gambiez augmentés de renfort reposant sur plusieurs milliers de goumiers et tirailleurs marocains. Il en informe le CFLN qui est réservé sur cette initiative, craignant le noyautage de l'île par les communistes du mouvement Front national. Le 14 septembre, le nouveau préfet de Corse nommé par le CFLN, Charles Luizet, arrive sur l'île. Le 17, le général Henry Martin rencontre le général italien Magli à Corte afin de coordonner les mouvements des troupes alliées et italiennes. Le 21, Giraud arrive en Corse. Sartène est définitivement libérée le 22. Le 23, les troupes de choc et les patriotes atteignent Porto-Vecchio. Les troupes marocaines prennent le col de San Stefano le 30 septembre puis le col de Teghime le 3 octobre. Ils rejoignent ensuite les patriotes pour harceler les troupes allemandes le long de la plaine orientale. Ces dernières détruisent ponts routiers et chemin de fer pour protéger leur retraite et, dans la nuit du 3 au 4 octobre, évacuent Bastia. À 5 heures du matin, le capitaine Then entre dans Bastia déjà libre, à la tête du 73e goum du 6e tabor.

Le 5 octobre, la Corse devient donc le premier département de France métropolitaine libéré, après le soulèvement de la population et par l'action conjointe des résistants corses, des Italiens et de quelques éléments de l'Armée d'Afrique, et sans intervention des Anglo-américains qui débarquent en Italie à la même époque. Le 8 octobre 1943 à Ajaccio, le général de Gaulle s'exclame : « La Corse a la fortune et l'honneur d'être le premier morceau libéré de la France ». L'île devient une base pour la poursuite des opérations en Italie puis pour le débarquement en Provence (août 1944) et aura un surnom, l'USS Corsica.

Nul ne nie la prépondérance du débarquement en Normandie, dans l'optique de la victoire finale, mais la libération de la Corse (surtout grâce aux opérations de harcèlement, permettant d'empêcher le rapatriement des matériels et des hommes en temps voulu sur le port de Bastia, ce qui contraignit les Allemands à brûler la quasi-totalité des véhicules dans les rues allant du port de commerce à la gare, et dévasta un quartier de la ville) empêcha les troupes allemandes de prendre à revers les Alliés en Italie.

À partir de 1957, 15 000 à 20 000 rapatriés venus d'Afrique du Nord se sont installés en Corse, soit environ 9% de la population autochtone. Les événements d'Aléria sont en partie liés à la présence de pied-noirs dont certains, pas forcément les plus nombreux, surent se rendre insupportables auprès des Corses, par des paroles méprisantes. Ceux-là sont partis et il reste des pieds-noirs qui, sans oublier leurs racines, se sont intégrés à la société corse. Ce qui insupporta les insulaires fut de se voir refuser des prêts, en vue de l'acquisition de terres, et de constater que l'on prêtait pour l'achat de ces mêmes terres à cette population nouvellement débarquée et qui, de par son ampleur, fut perçue comme un envahissement.

Du 24 au 28 mai 1958, le 1er bataillon parachutiste de choc (basé à Calvi) enclenche la première phase de l'opération Résurrection, étape du coup d'État du 13 mai 1958, qui consiste à s'emparer du pouvoir civil et militaire dans toute l'île.

Géographie

La Corse est une montagne dans la mer. Son altitude moyenne de 568 m en fait la plus élevée des îles de Méditerranée occidentale. De nombreux lacs et l'aspect de certaines vallées témoignent de l'existence passée de glaciers. Ses côtes composées de plus d'une centaine d'îles, nous confrontent à un vaste archipel. Son littoral comporte de nombreux étangs et marécages. Elle mesure 180 km de long du nord au sud et 82 km dans sa plus grande largeur. Sa superficie est de 8 680 km².

D'Emmanuel Arène, député de la Corse, lors d'une intervention à la Chambre sur le problème corse : « Oui, mais ce que vous ne saviez pas et que j'allais vous apprendre, c'est que la Corse est une île entourée d'eau de toutes parts ! ».

La façade orientale est baignée par la mer Tyrrhénienne, le nord par la mer ligurienne, et la façade occidentale par la mer Méditerranée.

L'île est divisée en deux parties inégales par une chaîne de montagnes aux crêtes effilées, orientée NO - SE, d'une altitude plus élevée au nord qu'au sud, mais d'une remarquable continuité :
  • l'En-Deçà-des-Monts (en corse Cismonte) au nord-est d'une ligne incluant Galéria et Solaro, du Filosorma au Fiumorbo, il est drainé par les larges vallées du Golo et du Tavignano et possède les plus hauts sommets de l'île dont le Monte Cinto (2 706 m - point culminant de l'île). L'En-Deçà-des-Monts coïncide quasiment avec le département de Haute-Corse.
  • l'Au-Delà-des-Monts (en corse Pumonti) au sud-ouest d'une ligne incluant Girolata et Sari-Solenzara, des Deux-Sevi au Freto, il est essentiellement formé de nombreuses vallées étroites parallèles orientées d'ouest en est et culmine à la Maniccia (2 496 m) dans les Deux-Sorru. L'Au-Delà-des-Monts coïncide quasiment avec le département de Corse-du-Sud.
D'un point de vue géologique, pour le quart nord-est de l'île (Nebbio, Cap Corse, Bagnaja et Castagniccia), on parle de Corse schisteuse, tandis que tout le reste de l'île (ouest et sud du Cismonte et totalité du Pumonti) constitue la Corse granitique. Ces deux parties sont séparées par une série de dépressions centrales s'étendant de L'Île-Rousse à Solenzara en passant par Ponte-Leccia, Corte et Cateraggio.

La partie orientale, la moins large, est représentée depuis la péninsule du Cap Corse, en majeure partie par des plaines alluviales (Plaine de la Marana et Plaine orientale). À l'ouest, chaque vallée est comme un alvéole, aux bords raides, ouvert sur la mer mais fermé vers l'amont car adossé à la chaîne axiale.

Du point de vue de la loi, le massif de Corse couvre l'intégralité de l'île selon le décret n°95-998 du 20 septembre 1985 relatif à la délimitation des massifs.


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Par Marmelad — Travail personnel basé sur : Départements de France-simple.svg:, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2710743
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Wikipédia - https://fr.wikipedia.org/wiki/Haute-Corse
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